Cathy Hirchenhahn


Mon travail....

Atelier de Cathy Hirchenhahn, Artiste plasticienne contemporaine ... se construit à partir de matières premières, que je collecte au hasard de mes rencontres. Je compose aussi bien à partir de matériaux rares ou ordinaires, organiques ou artificiels, artisanaux ou industriels.
Mes transformations consistent en des choix d’interventions simples : Assembler, organiser, répéter, marier, opposer… Je confronte des éléments contraires et à priori incompatibles. Des dualités se forment, associant douceur et dureté, harmonie et tensions, tel un écho au monde.
C’est une quête continuelle vers la création d’un équilibre fragile, construit autour d’éléments contradictoires ; une symbolique personnelle se construit alors davantage par le sensible et l’intuition, que par l’explication rationnelle, laissant sa place à une présence mystérieuse.


Cabinet de curiosités

Atelier de Cathy Hirchenhahn, Artiste plasticienne contemporaine Mon atelier fourmille de collections d’objets accumulés durant des années de recherches, de collectes en tous genres : végétaux, épingles, fourrures, brosses, algues, hameçons, arrêtes et autres fragments de squelettes, broderies, os, fil, plumes, pièces d’électronique, coquillages, outils anciens, cire…

La diversité de ces matières, ne privilégie aucune source de ce vocabulaire hétéroclite et reste ouvert à tous les champs de possibles. Ces objets sont en attente d’une rencontre improbable. Un passage s’opère vers un objet insolite et sa mise en scène dans des boîtes entomologiques, des demi-sphères en plexiglas ou d’anciens globes en verre soufflé, permettant de les introduire dans un cabinet de curiosité contemporain.





Chez elle,

Atelier de Cathy Hirchenhahn, Artiste plasticienne contemporaine

C'est une petite pièce intime, un atelier discret
Et c'est là que tout se joue.
C'est ici que Cathy HIRCHENHAHN compose avec délicatesse et très précisément ses objets
D'une élégante préciosité.

Cabinet de ses curiosités, en quelque sorte... quelques étagères où reposent des boîtes remplies d'éléments ordinaires, rejetés par les vagues, sériés, étiquetés, qu'elle ramasse au gré de ses promenades sur les côtes FINISTERE... ou ailleurs.
Promenades où l'oeil distingue, trie, s'émeut, où la main saisit, pour tout de suite, pour après, pour plus tard, pour peut-être...


Fragments de vies, structures ayant soutenu la chair fragile et passagère.
Dans le silence du lieu, les choses s'organisent. Eléments précieux, ces restes prennent leur place dans l'espace, dans le temps, et s'épanouissent.

Symétries flamboyantes, fantasmagories marines nées de l'ourle des vagues et du parfum des embruns.

J-L

A l’origine,

Il y eut la découverte providentielle, d’une feuille de Laurier, évidée en son centre, par un cercle d’une géométrie presque parfaite. S’il ne s’agissait que d’un découpage vital pour l’insecte et sans autre perspective que de se nourrir, le regard de l’artiste s’est arrêté sur les rapports esthétiques de formes, qui renvoyaient à ses propres recherches du moment :
La forme organique de la feuille, appartenait déjà au vocabulaire utilisé depuis quelques années.
Le cercle extrait, était bel et bien l’élément remarquable, qui laissait apparaître un horizon d’exploration.
Histoire de vide et de plein. Commencement d’une construction mentale.

Instinctivement, avec l’idée de conserver, la première feuille ramassée fut épinglée, à la manière des entomologistes, qui fixent les insectes collectés.

Prélever, déplacer, organiser, piquer, fixer, assembler, préserver des fragments de nature, qui semblaient éphémères et destinés à disparaître, à se décomposer…
Des actes simples se succédèrent, un travail minutieux du détail invitant à reconsidérer et s’approprier la diversité esthétique de la nature et son potentiel infini.
Le choix des matériaux d’origines naturelles offre une infinité de formes existantes ; le fil conducteur est là, tendu et souple à la fois ; une œuvre appelle la suivante, les choix évoluent et s’imposent.

Clous, semences, aiguilles, épines, arrêtes, os, griffes, hameçons…
Les objets « piquants » se sont introduits inconsciemment et par affinités. Cet intérêt, pour ce qui pique, ne porte pourtant en rien le sentiment de formes agressives.
La fonction de protection leur serait plus appropriée, peut-être même avec l’idée d’ouverture sur l’extérieur, formant une aura rayonnante, comme une sacralisation rendue à la nature.

La verticalité renforce ce désir d’ouverture, ou encore de lévitation, par le sentiment d’un flottement dans l’espace.
La symétrie, reste imparfaite, renvoyant à la vie, avec cet équilibre fragile, qui pourrait faire penser à celui du funambule au dessus du vide.

La mandorle, forme récurrente dans son travail, évoque l’union entre le ciel et la terre, la flamme d’une bougie, ou encore celle qui sacralise la nativité de la vierge ou des saints dans l’art occidental jusqu’au XIVème siècle.
C’est aussi l’image attribut du sexe féminin qui donne la vie.

Ces réalisations se positionnent entre les genres : Ce ne sont ni des représentations d’hybrides - qui évoqueraient des créatures animales sorties tout droit d’une mythologie contemporaine ou surnaturelle - ni des productions totalement abstraites, n’ayant d’autres objectifs, que de jouer avec des rapports de formes ou de couleurs.
Il y a indéniablement un équilibre entre les deux, comme une abolition des frontières, mais aussi une sorte de mutation des objets originels associés entre eux, créant des passages possibles entre les genres artistiques et aussi entre les espèces, végétales et animales.

La présentation dans des boîtes entomologiques, ou sous demi-sphères, se justifie d’abord par une fonction de préservation et de protection ; elle renvoie aussi en cela à l’évocation des cabinets de curiosités. Cette mise en scène renforce également l’idée de spatialisation, dans cette chambre intime, qui sacralise l’objet, telle une relique réinventée, précieuse, fragile, à la fois touchante et distante, puisque rendue inaccessible à notre toucher.

Si les qualités esthétiques les rendent fascinantes, ce ne sont pas pour autant de simples objets décoratifs. Ces réalisations renvoient, par la nature même de leurs origines, à l’idée de la vie et de la mort ; une forme de vanités nouvelles; un hommage rendu à la nature, à la création.

Face à ces réalisations, le mystère reste bien présent, laissant une place importante, dans cette présence prégnante, à notre vision de l’instant, à nos pensées fugages, avec le sentiment, que chaque jour notre perception pourra se modifier et se déplacer dans des horizons renouvelés.

Si l’art c’est la vie, il laisse parfois de petites vanités, des reliques déposées comme des ex-voto indicibles et malgré leurs apparences trompeuses, il pourrait bien nous arriver de nous laisser porter par ces Histoires… pas si Naturelles que cela…

Laurent Pierson




Atelier de Cathy Hirchenhahn, Artiste plasticienne contemporaine